A travers le monde

Quand Cezanne peint…

Votre mémoire vous joue-t-elle des tours inattendus ?

La mienne souvent, elle affectionne les associations de toutes sortes….

Notre exercice Semafilo est de l’écouter quand elle vous insuffle son inspiration, de ne pas la rejeter avec votre mental dans la précipitation de l’action.

Comme par exemple, à Aix en Provence, sur les traces de Cézanne quand elle a immédiatement trouvé la musique de fond idéale (enfin selon elle..).

 

Bref, je venais de franchir la porte de l’atelier de Cézanne quand ma mémoire fraiche en cette matinée ensoleillée a décidé d’entonner un refrain: « Cézanne peint ».

J’aime bien les chansons françaises qui me rappellent mon enfance mais là c’en est presque assourdissant ! (Pour mieux comprendre allez svp rafraichir la votre de mémoire en écoutant ce tube de 1985.)

La phrase se répète encore et encore, imposante « Cézanne peint » :

  • Difficile d’entendre la jeune fille du guichet.  Elle me dit que la visite est uniquement guidée. La prochaine disponible est dans une heure. « Cézanne peint ».
  • Impossible de comprendre pourquoi elle m’associe à une ribambelle d’enfants autour de moi en me prenant pour leur mère. Alors je lui confirme que je n’ai à ma charge que le Monsieur avec la barbe (mon compagnon dans la vie, encore un signe de « Cézanne ») qui sourit intrigué.
  • Mission accomplie tout de même : j’ai deux billets (un pour moi, l’autre pour « Cézanne qui peint » toujours dans ma tête).
Son conseil est de marcher 10mn à pied pour rejoindre
 le Terrain des Peintres.

Elle  me confie que  « Cézanne  peignait la Sainte Victoire dans les dernières années de sa vie”. Ça tombe à pic : ça va m’aérer l’esprit et peut-être dissiper ce bon vieux « Cézanne peint ».

  • Nous prenons donc la route qui monte comme le son de la voix de France Gall sur son infatigable « Cézanne peint ».
    Nous voilà dans un jardin, sur des escaliers en pierre qui grimpent autant que mon impatience à cette ritournelle incessante.
  • On s’essouffle un peu dans la pente et moi en luttant encore avec mon « Cézanne peint ».
  • Et puis on arrive sur un terre-plein, on se retourne et la voilà : la Sainte Victoire comme on l’a vue souvent sur ses tableaux. Mais cette fois elle est bien vivante, dans le Mistral, avec ses nuages gris, son ombre violette, son ciel turquoise.

Alors on lâche prise. On profite de ce moment unique et le refrain se tait enfin. Car il n’y a plus besoin de le chanter :

ici « Cézanne peint » vraiment.

On y est :

  • là où il venait exactement mettre son chevalet ;
  • l’un des premiers à peindre en plein air !
  • le précurseur qui encourageait Monet dans leurs correspondances (exposées dans l’atelier)
  • celui que Picasso nommait « notre père à tous ».
 

Tout doucement la chanson recommence mais cette fois depuis le début : « Silence dans la maison, sur la colline »….

Alors on écoute la mémoire se lier au moment présent.

En effet, cette chanson décrit mieux que quiconque l’atmosphère du lieu.

Merci donc à ma mémoire pour cette expérience multi-sensorielle et bonne visite à tous !

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